Déc 09

10 conseils pour profiter des Fêtes avec des allergies

Cocotte et 3 boules de Noel

Crédit photo : George Hodan

Avec les délicieuses recettes de biscuits de Noël qui circulent (ex : biscuits sans œufs et biscuits sans gluten – en anglais), difficile de ne pas penser au temps des Fêtes et tous ses régals. À l’approche du 4e Noël à célébrer avec mon bout de chou (allergique aux œufs) et moi-même (polyallergique) voici 10 conseils pour passer les Fêtes avec un estomac bien rempli – en toute sécurité.

1. Préparer pour un plat pour chaque fête

Muffins dans boîte de métal

Crédit photos :  Muffins via photopin (licence)

Cuisiner pour des personnes aux allergies multiples peut s’avérer un casse-tête pour plusieurs. Pour le plaisir de partager au moins un plat ou un dessert avec d’autres, la meilleure option reste d’en préparer un soi-même.

Ma famille, par exemple, compte plusieurs fans de noix et la plupart cuisinent leurs desserts avec des œufs. Je suis toujours la première à lever la main pour faire un dessert et m’assurer qu’il y en ait au moins un sans œufs, noix et arachides. J’en profite souvent pour expérimenter avec une nouvelle recette et faire participer de plus en plus mon fils.

2. Faire parvenir d’avance une liste de nos allergies

À quoi êtes-vous allergiques déjà tous les deux? Je reçois souvent cette question autant de la part des hôtes que des autres invités aux fêtes de fin d’année. Comme la liste est longue, je l’envoie à tous les membres de la famille par courriel quelques semaines d’avance. Ils me demandent aussi souvent « Est-ce que c’est grave si ça contient des traces de […]? » ou « Ça te dérange si cela a pu être en contact avec […] ? » Réponse : Oui! J’ajoute ainsi une note à ma liste sur l’importance d’éviter toutes les traces et tous contacts avec les allergènes.

3. Lire toutes les listes d’ingrédients

Ces dernières années, de plus en plus d’hôtes ont mis de côté des étiquettes et listes des ingrédients utilisés. Plus sympathique que devoir les ressortir de leurs poubelles – même si cela arrive encore. Certains emportent même les étiquettes ou emballages avec eux à la fête… Ça m’encourage de les voir de plus en plus sensibilisés!

Au début de chaque fête, je lis toutes les étiquettes disponibles avec la liste de tous les ingrédients. Je me renseigne ensuite déjà sur certains plats cuisinés pour séparer dans ma tête les interdits pour moi, ou pour mon fils, et ceux qui conviennent aux deux. Par après, pour chaque nouveau plat ou hors d’œuvre, mon fils sait me demander s’il peut en manger ou non. Pour tous les « non », je lui rappelle les alternatives.

4. Sensibiliser notre entourage aux risques de la contamination croisée

Biscuits de Noel variés

Crédit photos :  Biscuits via photopin (licence)

Un petit plat d’arachides juste à côté des chips. Des noix sur le côté d’un plat de fromages et raisins. Des œufs cuits durs farcis à côté des crudités… Vue inoffensive pour certains, source de grand stress pour plusieurs allergiques. Lorsque cela se produit, je dois éviter tous ces plats et redoubler de vigilance par rapport aux risques de contamination croisés. Ce sont de grands signaux que leurs principes de base n’a pas été appliqué.

Pour limiter ces expériences désagréables, pourquoi ne pas éduquer d’avance ses proches?

 

 

D’après mon expérience, la plupart des personnes étaient réceptives à en apprendre plus sur comment diminuer les risques de contamination croisée. EpiPenMD a d’ailleurs récemment publié plusieurs bons conseils à ce propos dans une fiche :

  • « Préparer les mets sans allergènes avant les autres plats.
  • Nettoyer toutes les surfaces (comptoirs, planches à découper, four à micro-ondes) et tous les outils de travail avant de cuisiner les mets sans allergènes. Utiliser du savon et un linge propre.
  • Utiliser des planches à découper dédiées aux aliments sans allergènes.
  • Utiliser des ustensiles différents pour servir les mets avec et sans allergènes.
  • En informer les invités afin qu’ils ne mélangent pas les ustensiles.
  • Entreposer les aliments de façon sécuritaire, dans des contenants hermétiques identifiés et préférablement séparées du reste de la nourriture.
  • Disposer les mets sur la table de façon à éloigner ceux contenant des allergènes de la personne allergique. »

Source du paragraphe ci-haut : fiche « Les allergies alimentaires et la contamination croisée » récemment produite par EpiPenMD

5. Transmettre sur demande des idées de recettes

Les gens moins familiers avec la richesse des recettes « sans », pourraient être étonnés de voir la variété de délicieux gâteaux sans œufs, lait ou gluten, de même que des plats principaux et autres desserts. Si vous sentez de l’ouverture et curiosité de la part, pourquoi ne pas leur proposer de leur envoyer quelques sites web, vidéos culinaires ou recettes?

Verrine canneberge et framboise

Crédit photo : Louise Gagnon – Communication culinaire

Comme point de départ pour le temps des Fêtes, EpiPen MD et le restaurant Zero8 MD proposent deux recettes festives ne contenant aucun des principaux 10 allergènes.

Vous trouverez également sur ce blogue quelques suggestions de livres de recettes sans allergènes.

6. Communiquer clairement et proposer des alternatives au besoin

Dans ma grande famille peu de personnes étaient sensibilisées aux allergies alimentaires il y a 20 ans. Au fil du temps, je leur ai communiqué certains besoins et proposé des alternatives. Petit à petit, ces échanges ont aidé à rendre les fêtes de famille plus sécuritaires pour moi. Parmi mes plus grandes « victoires » :

  • Ne plus servir d’arachides dans des petits plats ouverts
  • Ne pas utiliser ou apporter de sauce à base d’arachides comme je ne peux pas en tolérer même l’odeur
  • Garder les biscuits avec des noix dans des boîtes métalliques séparées et avertir tous les invités de ne pas les mélanger.
  • Ne pas utiliser le même couteau pour couper tous les gâteaux et conserver un couteau réservé pour chaque dessert « sans allergène ». Encore une fois, bien avertir les invités de ne pas mélanger les couteaux.

7. S’apporter des collations « au cas où »

Un proche a oublié l’une de vos allergies ou a négligé de prendre garde à la contamination croisée? Même si cela peut être gênant dans certaines situations de refuser certains plats, même lorsque c’est le seul principal, les personnes allergiques n’ont pas le choix.

Ce qui permet de dédramatiser un peu la situation est d’avoir quelques collations avec soi et de pouvoir dire : « Ce n’est pas grave – j’ai plusieurs bonnes collations avec moi » et de les sortir à ce moment. Oui, c’est certain que l’on reste l’estomac à moitié vide, mais l’on pourra compléter notre repas une fois de retour à la maison.

8. Toujours transporter ses auto-injecteurs sur soi

Impossible de trop  rappeler l’importance de toujours avoir son ou ses auto-injecteurs – encore valides – sur soi. Pour ne pas oublier de les remplacer après leur date de péremption, EpiPenMD offre d’ailleurs un service de rappel en ligne.

EpiPen et EpiPen Jr

Crédit photo : Pfizer Canada

Astuce #1 : vérifiez les dates de péremption des auto-injecteurs lors de l’achat en pharmacie. Certaines pharmacies tentent d’en vendre qui périmeront quelques mois plus tard… La date de péremption devrait être dans 12 mois ou plus.

Astuce #2 : ne conservez pas votre auto-injecteur dans votre voiture. Les températures peuvent y être trop extrêmes.

À propos des auto-injecteurs, un sondage réalisé dans des cliniques américaines en 2014 aurait révélé que :

  • Seulement 40 % des personnes allergiques avaient leur auto-injecteur avec eux à la Clinique.
  • Parmi ce pourcentage, près de 50 % transportaient un auto-injecteur expiré.

Inquiétant! De plus, en plus de détenir un auto-injecteur valide, les personnes allergiques doivent être prêtes à s’en servir dès les premiers signes d’une réaction allergique grave.

9. Aider l’hôte à préparer les assiettes d’apéros, les plats et desserts

Malgré toutes les précautions et bonne volonté de la part de votre hôte, personne n’est à l’abri des erreurs. Pourquoi ne pas lui proposer votre aide pour disposer des plats dans les plats de service et pour servir les invités? Cela vous donnera la chance de discuter à nouveau des risques de la contamination croisée et de partager des conseils tout en aidant à préparer les plats de service.

10. Dans le doute – s’abstenir!

Obtenir la liste complète de tous les ingrédients utilisés à chaque fête est une mission très difficile. De plus, certains plats achetés ne contiennent pas la liste de leurs ingrédients. Peu importe les commentaires, la règle d’or est de s’abstenir à chaque fois que l’on a un doute.

Jusqu’à date, j’ai eu la chance de toujours trouver à chaque fête au moins quelques plats sécuritaires pour mon fils et moi. En plus de ce que nous préparons à partager et nos collations « au cas où », nous repartons toujours l’estomac bien rassasié.

Avez-vous d’autres conseils à partager pour passer les Fêtes en toute sécurité? Je vous souhaite à tous de joyeuses fêtes, bonheur, santé et plaisirs culinaires!

 

Nov 22

Croustillant aux pommes et aux canneberges sans gluten

Un dessert d’automne à concocter pour famille et amis –

sans gluten, oeufs, noix ou arachides

Croustillant pommes cannebergesLa recette

Nombre de portions : 8

Préparation : 20 minutes

Cuisson : 45-50 minutes

Ingrédients

Le croustillant

  • 2 1/2 tasses de gros flocons d’avoine (de préférence de cuisson lente)
  • 2/3 tasse de cassonade
  • 2/3 tasse de beurre non salé ramolli

La garniture de fruits

  • 4 pommes Cortland pelées et tranchées
  • 4 pommes McIntosh pelées et tranchées
  • 1 1/2 tasse de canneberges fraîches, lavées et coupées en deux.
  • 2/3 tasse de cassonade
  • 1 c. à thé de cannelle moulue
  • 1 c. à thé de vanille

Préparation

  1. Beurrer un plat rectangulaire et préchauffer le four à 350 °F.
  2. Dans un grand bol, mélanger les flocons d’avoine et la cassonade.
  3. Rajouter le beurre ramolli et  brasser,jusqu’à obtenir une consistance uniforme.
  4. Disposer les pommes tranchées dans le fond du plat rectangulaire, puis ajouter les canneberges.
  5. Ajouter la cassonade, la cannelle et la vanille sur cette garniture de fruits et mélanger à l’aide d’une cuillère.
  6. Couvrir du croustillant et cuire au four de 45 à 50 minutes, ou jusqu’à le croustillant soit doré.
  7. Déguster tiède avec optionnellement de la crème glacée à la vanille.

 

 

Mar 28

Grands-pères au sirop d’érable

Grands-pères au sirop d'érableLes grands froids derrière nous, mon fils et moi sommes sortis à la cabane à sucre hier avec sa garderie. Comme il ne pouvait y manger que très peu de choses, j’ai apporté la plupart de son repas avec moi. Il n’a pas beaucoup mangé et semblait beaucoup plus heureux et intéressé d’essayer des nouvelles activités tous ensemble. Tous les desserts lui étant proscrits, je lui ai apporté une compote de pommes et une portion de grands-pères au sirop d’érable préparés la veille. C’est une recette sans oeufs, noix ou arachides.

Je la partage avec vous si vous avez envie de recréer un dessert de cabane à sucre à la maison.

 

La recette

Nombre de portions : 6 à 8

Préparation : 30 minutes

Cuisson : 20 minutes

Ingrédients – la pâte

  • 1 tasse de farine (env. 250 ml)
  • 1 c. à soupe de sucre (15 ml)
  • 1 c. à thé de poudre à pâte (5 ml)
  • 1 c. à soupe de beurre fondu (15 ml)
  • 1/2 c. à thé de sel (3 ml)
  • 1/3 tasse de lait (76 ml)

Ingrédients – la sauce

  • 1 1/2 tasse de sirop d’érable (375 ml)
  • 1 tasse d’eau (250 ml)

Préparation

  1. Mélanger tous les ingrédients de la pâte dans un grand bol, jusqu’à ce qu’elle soit homogène.
  2.  Former des boules de taille moyenne, avec des doigts mouillés.
  3. Porter le sirop d’érable et l’eau à ébullition dans une casserole à fond épais.
  4. Déposer les boules une par une dans le sirop bouillant, à l’aide d’une cuillère.
  5. Fermer hermétiquement et cuire 15 minutes.
  6. Servir les grands-pères accompagnés de la sauce chaude et déguster!

Avez-vous fait un repas inspiré de la cabane à sucre cette année? D’autres recettes à partager?

 

 

 

 

Mar 09

Maman, pourquoi j’ai des allergies?

La semaine dernière mon fils de deux ans et demi m’a poséTarte au chocolat sans oeufs LA question : « Maman, pourquoi j’ai des allergies? ». J’en étais bouche-bée un moment pendant que je réfléchissais à toute vitesse comment répondre. Je savais que la question viendrait un jour, mais je me m’attendais pas à ce qu’elle vienne si tôt. Je n’y ai toujours pas de réponse simple, mais sa question m’a replongé dans le temps. Voici un aperçu des différentes phases de mon cheminement parcouru dans les vingt dernières années.

Phase 1 : L’allergie comme « injustice »

Enfant, je me concentrais sur cette « injustice » et le fait de vouloir être « comme les autres ». Je ne me rendais pas encore compte qu’être « comme les autre » ne signifie, en fait, pas grand-chose. Grands ou petits, visibles ou invisibles – on a tous nos bobos!  À l’époque, dans les années ’80 et ’90, je croisais encore très rarement d’autres personnes allergiques.

Phase 2 : L’allergie comme ayant un peu de positif après tout

J’ai ensuite développé de nouvelles allergies vers la fin de l’adolescence. Le choc m’a poussé à cuisiner davantage pour avoir plus de variété dans mon assiette. Pour la première fois, j’ai commencé à percevoir mes allergies non pas comme uniquement négatives, mais comme ayant aussi du positif ou même m’apportant des  « opportunités ». J’ai arrêté de voir mes allergies comme une limite. J’ai décidé qu’elles ne m’empêcheraient pas de réaliser mes rêves, notamment de voyager. J’ai rencontré de plus en plus de personnes avec des allergies et je me suis sentie de plus en plus entourée.

Phase 3 : L’allergie comme «opportunité »

Durant la vingtaine, j’ai commencé à percevoir à l’occasion mes allergies comme une porte à ouvrir, une opportunité occasionnelle à saisir. En plus d’avoir développé mon goût pour la cuisine, mes allergies m’ont permis de :

  • Développer une plus grande sensibilité aux besoins des autres.
  • Toujours avoir un sujet de conversation sous la main dans les colloques, 5 à 7, conférences et autres fonctions sociales où je ne connaissais personne.
  • Apprendre des rudiments de plusieurs langues étrangères lors de voyages. 

Je suis reconnaissante

Phase 4 : L’allergie comme voie vers la « reconnaissance »

Après m’être concentrée sur ces opportunités pendant des années, j’ai commencé à ressentir à l’occasion une nouvelle émotion liée aux allergies : la gratitude.

Je suis reconnaissante envers :

  • ma mère, ma sœur et mes tantes qui ont toujours préparé leurs gâteaux sans noix ou arachides
  • Des tantes et des cousines qui prennent le plus grand soin de séparer leurs biscuits ou gourmandises « avoir noix » de ceux « sans noix »
  • mon époux qui préfère ne jamais manger des aliments auxquels je suis allergique à la maison et d’attendre d’être au restaurant pour en remanger.
  • Des collègues qui attendent les journées où je ne suis pas au bureau pour  apporter leurs arachides.
  • Des amis et collègues qui adaptent leur choix de restaurant en fonction de ceux qui me conviennent.

Retour vers le présent

Un jour, je partagerai tout ce cheminement avec mon fils. Mais pour l’instant, quand il me demande « Maman, pourquoi j’ai des allergies? », je comprends qu’il a plus besoin d’être rassuré que d’avoir la réponse.  Je lui réponds ainsi : « Dans ta maison avec Maman et Papa, et chez Mamie et ton Papy, tu pourras toujours manger des gâteaux. Ils sont faits pour toi et n’ont pas d’oeufs. ». Il me fait alors un grand sourire et je sens que j’ai bien répondu pour lui.

Quand il sera plus grand, je lui transmettrai l’excellente phrase de Marie-Josée Bettez « Tu ne peux pas tout manger mais tu peux tout faire! ». Je lui procurerai aussi le livre « Laisse-moi t’expliquer… Les allergies alimentaires » qu’il dévorera sans doute avec plaisir. Mais pour l’instant, je le rassure qu’il aura toujours un dessert dans sa famille… Ainsi que plein d’autres bonnes choses à manger!

Et vous, quelles autres réponses avez-vous trouvé à la question? Comment avez-vous répondu à votre enfant?

 

 

Nov 22

Quand des allergies disparaissent!

Boeuf avec sauce soya, pois et brocolisHier soir, j’ai mangé un sauté de boeuf aigre-doux (contenant du soya) avec des pois et brocolis. Cette phrase semblerait banale pour plusieurs, mais c’était ma première fois en quinze ans.

Le repas de samedi soir était la confirmation d’une très, très bonne nouvelle que j’ai apprise mardi à l’hôpital : mes allergies à la noix de coco, aux pois et au soya ont disparu! Même si cette disparition ne s’avérait que temporaire, je vais mettre toutes les chances de mon côté et tenter de manger ces aliments assez souvent, selon les conseils de mon allergologue.

Pourquoi ces allergies sont-elles disparu? Je n’en ai pas la moindre idée, pas plus que je ne sais pourquoi elles apparaissent parfois. Depuis environ dix ans, je prends mes allergies beaucoup plus au sérieux et je fais beaucoup plus attention que pendant mon adolescence. J’ai diminué de beaucoup les aliments les plus transformés et industrialisés qui ne conviennent souvent pas bien aux personnes allergiques. Il n’y a probablement aucun lien, mais tout de même, quelle belle surprise de recevoir une bonne nouvelle à propos des allergies après tant d’années et la nouvelle, cet été, que mon fils était allergique aux oeufs.

Les tests de provocation

J’ai appris que je n’étais plus allergique à la noix de coco, pois et soya lors d’un test de provocation à l’hôpital. Mon allergologue m’avait recommandé de passer des tests cutanés à chaque trois ans et je n’y voyais jamais grand changement. Jusqu’à cet automne. Lors de mon dernier test cutané le mois dernier, certaines allergies semblaient avoir beaucoup diminué et mon allergologue a recommandé des tests de provocation pour en avoir le coeur net. J’étais partante!

Les tests ont débuté à 8 h mardi dernier. Après une visite éclair dans le bureau de mon allergologue, une infirmière m’a confortablement installée pour toute la matinée. J’étais très stressée comme c’étaient mes premiers tests de provocation à vie, mais tout c’est très bien passé.

J’ai donné mes échantillons d’aliments à l’infirmière et elle m’a donné de très petites quantités du premier aliment à avaler. À chaque dix minutes, elle revenait m’en donner une plus grande quantité. Au total, cela a pris 4 heures 30 pour tester des quantités suffisantes de noix de coco, petits pois et soya, chacun à leur tour. À chaque fois j’attendais le picotement familier dans la gorge ou sur mes lèvres, possiblement des plaques rouges autour de la bouche, mais ce jour-là… Rien!

Mes premières impressions de chaque aliment

La noix de coco (même non sucrée) me semblait sucrée, mais le goût n’était pas mauvais. Je trouvais seulement que le goût restait longtemps dans la bouche. Les petits pois ne goûtaient pas grand-chose et j’avais l’impression d’en goûter pour la première fois.  Cétait comme si ma mémoire en avait effacé le goût. Très étrange! Finalement, le soya m’a semblé très mauvais et très différent de ce que j’aime habituellement. Cela m’a fait comprendre comment mon poussinot doit se sentir devant les légumes qu’il déteste tant!  Le résultat de ne plus avoir mangé des aliments pendant aussi longtemps est que je n’en aime vraiment pas le goût et que je devrai l’acquérir à nouveau. Déjà hier soir, le goût de la sauce avec un peu de sauce soya me semblait moins mauvais.

La suite

Si tout se passe bien, je considère réaliser d’autres tests de provocation au printemps, possiblement aux amandes et à une autre sorte de noix. Certaines de ces allergies avaientt fortement diminué d’après mon test cutané et mon allergologue m’encourage à faire les tests lorsque je me sentirai prête. Avant de me lancer une deuxième fois, je souhaite toutefois me réhabituer au goût du soya et des pois!

Le plus incroyable de cette bonne nouvelle est qu’elle me redonne de l’espoir pour mon fils. Même s’il développait d’autres allergies en plus des oeufs, peut-être aura-t-il également la chance d’en voir disparaître un jour!

 

 

 

 

 

 

Sep 06

Recevoir un diagnostic d’allergie alimentaire : le premier mois

Je me doutais depuis longtemps que mon p’tit bout était allergique aux œufs. Cependant, lorsque le diagnostic est officiellement tombé le mois dernier, cela m’a donné tout un choc. Gérer mes allergies alimentaires est (presque) devenu chose facile avec le temps, mais je me suis vue tout à coup responsable de veiller à celles d’une autre personne. Avant notre rencontre avec l’allergologue, je nourrissais l’espoir que l’allergie parte d’elle-même, comme : 75 % des allergies aux oeufs disparaissent avant l’âge de 7 ans… Mais mon fils de deux ans est encore jeune et nous nous sommes lancés sur une autre voie, pour cette année du moins!

Suite au test cutané positif, il a passé un test de dosage des IgE spécifiques blancs d’œufs et jaunes d’œufs à Sainte-Justine. Une fois sur place, belle surprise! Nous avons très peu attendu pour la prise de sang comme nous avions réussi à prendre un rendez-vous. À répéter pour une prochaine prise de sang! Quelques semaines plus tard, j’ai reçu le coup de fil de son allergologue indiquant que son taux de IgE était trop élevé pour considérer un test de provocation. Deuxième déception du mois… Et plus que temps de me retrousser les manches pour apprivoiser peu à peu la cuisine sans œufs. Comme première étape, je me suis renseignée à propos de livres de cuisine avec des allergies.

Livres de recettes sans allergènes

 

Ce que je peux faire pour lui à sa garderie

Côté garderie, j’ai peu d’inquiétudes pour la santé de mon fils, comme elle semble bien les gérer. Mon défi consiste plutôt à trouver des solutions pour le plan émotif. J’ai le cœur bien lourd en pensant à toutes les fois où ses allergies le mettront à part, comme de ne pas pouvoir toucher aux gâteaux apportés par les mamans pour les fêtes d’enfants. J’ai ainsi préparé d’avance deux portions de dessert (trio crème glacée, pépites de chocolat et biscuits graham) à conserver pour lui dans le congélateur de la garderie. Il aura ainsi son propre dessert pour les deux prochains anniversaires de ses copains à venir en septembre.

Comme il a changé de groupe cette semaine, j’ai rencontré sa nouvelle éducatrice pour lui parler en personne des allergies de mon fils et lui faire une démonstration de l’AllerJect.

Le combat des gâteaux au chocolat

Dans ma famille, le mois d’août rime avec grandes fêtes de famille. J’en donc ai profité pour tester mon adaptation maison « sans œufs » de deux recettes de gâteaux au chocolat : Gâteau triple chocolat (Coup de Pouce) vs. Gâteau au chocolat sans salir un bol (Ricardo).

Pour mon premier gâteau, j’ai remplacé les 2 œufs dans la recette Coup de Pouce par 2 cuillerées à soupe de yogourt à la vanille. Le goût était très bon, mais le gâteau un peu plus friable que sa version avec œufs. Pour la deuxième fête et deuxième gâteau du mois, j’ai testé la recette de gâteau au chocolat dans un bol de Ricardo, en remplaçant l’eau par du lait, l’huile par du beurre et en omettant le vinaigre. Le goût était très bon, semblable à celui de l’autre gâteau. Par contre, il ne s’effritait pas du tout, et en bonus, la recette ne salit que très peu de vaisselle. J’ai ainsi légèrement préféré cette deuxième recette, mais j’en essaierai certainement d’autres à la prochaine occasion!

Par quoi substituer les oeufs?

J’ai reçu différents conseils (merci à Sophie et à Suree!) sur comment substituer des œufs dans des recettes.

2 œufs ou moins

  • 1 oeuf  devient 1 cuil. à soupe de yogourt nature
  • 1 oeuf devient 1/3 de tasse de compote de pommes
  • 1 oeuf devient 1/2 banane moyenne écrasée (environ 1/4 de tasse)

3 œufs ou plus (ou recette plus élaborée)

Vous avez d’autres astuces culinaires ou expériences à partager? Quels substituts ont le mieux fonctionné pour vous?

Juil 21

Défi voyager autrement avec des allergies : les résultats

Depart Bambin

Il y a un mois, je me suis lancée le défi de cultiver le sens des découvertes lors de notre voyage en famille en Belgique cet été. Même si j’ai toujours su adapter mes voyages à mes allergies, partir avec un bambin de près de deux ans complexifiait l’équation… Certaines astuces qui fonctionnaient bien dans ma vie pré-maman, fonctionneraient-elles moins bien avec mon petit garçon?

De retour de vacances, je passe en revue chacune des cinq astuces essayées selon deux critères :

  • Effort requis
  • Résultat

Astuce #1 : Faire des préparatifs pour bien manger dans l’avion

Effort requis : élevé

Résultat : moyen

Avant d’avoir des enfants, je m’amusais à préparer des muffins, brownies ou autre, pour manger dans l’avion et une fois à destination. C’était dans une autre vie dans laquelle je manquais rarement de temps. Faire les préparatifs de voyage avec un jeune enfant m’a demandé beaucoup plus de temps que je ne le croyais, ce qui laissait très peu de temps pour la cuisine. Au final, préparer la recette des muffins aux légumes a été un facteur de stress plus qu’autre chose. Une fois dans l’avion, j’ai passé la plupart du vol à m’occuper de mon fils qui a peu dormi, donc j’ai peu profité de la bonne collation maison.

À recommencer, les collations achetées, c’est-à-dire les purées de fruit du commerce pour mon coco, et les abricots séchés, compotes de pommes et craquelins de blé entier pour moi seront amplement suffisantes.

Astuce #2 : Apporter un livre de recettes du pays pour goûter la cuisine locale

Effort requis : moyenRepasDehors

Résultat : excellent!

Comme j’aime les langues et cultures étrangères, une partie de moi ne peut s’empêcher d’être déçue en voyage de ne pouvoir goûter plein de spécialités locales. Cette année, nous avons loué une petite maison dans un Sunpark (équivalent d’un village vacances-famille) au bord de la mer du Nord. Pouvoir cuisiner nos repas étaient un gros plus et nous avons essayé plusieurs recettes pour découvrir la cuisine du plat pays. Nous avons pu prendre plusieurs repas dehors sur la table à pique-nique. En bonus, c’est beaucoup plus agréable de cuisiner quand on a tout le temps devant soi.

 

Astuce #3 : Créer ma carte des allergies dans la langue locale

Effort requis : moyen

Résultat : moyen

Notre maison louée étant en Flandres, je m’étais créée une carte avec la traduction de mes allergies en néerlandais avant le départ. À quoi cela pouvait-il bien servir comme le français et l’anglais sont bien compris en général? J’ai déjà été dans des situations où mes interlocuteurs ne parlaient que le néerlandais et comme l’exercice m’amusait, j’ai réalisé la traduction. Comme nous ne sommes pas allés au restaurant toutefois – nos repas-maisons étaient trop chouettes! -, elle ne m’a beaucoup servie. Ma carte m’a toutefois servie à l’épicerie en Flandres, car certains emballages n’étaient écrits qu’en néerlandais. J’ai donc pu vérifier la liste des ingrédients de cette façon, ma base élémentaire de la langue aidant!

Un prochain voyage à l’étranger, j’apporterai plutôt un guide de conversation, en y rajoutant la traduction de mes allergies au besoin. Cela permet des échanges plus riches, et de mieux pouvoir comprendre les réponses!

Astuce #4 : Trouver de nouvelles idées de sandwichs pour les sorties

Effort requis : plutôt faible

Résultat : très bon

Jambon d’Ardennes, jambon de Flandres, fromages d’abbaye, fromages belges ou français… les ingrédients de base de nos sandwichs étaient tous succulents. Je n’ai finalement pas utilisé le livre sur les sandwichs tant les produits m’inspiraient déjà. L’une de mes découvertes préférées est la tartine à la Bruxelloise, toute simple avec tranches de pain, fromage blanc, radis, ciboulette et oignons verts. J’ai également adoré la salade au jambon d’Ardennes, roquette et radis. Manger des produits simples et frais sous un beau soleil… Parmi mes plus beaux souvenirs de vacances!

Salade roquette, jambon et radis

Salade roquette, jambon d’Ardennes et radis

Astuce #5 : Faire découvrir une recette adaptée de gâteau de chez nous

Effort requis : élevé

Résultat : bon

 La famille de mon époux habite la Belgique et mes beaux-parents ont eu la gentillesse d’organiser une grande fête de famille le jour de notre départ. Un cousin de mon mari a également plusieurs allergies alimentaires, et toute ma belle-famille est bien sensibilisée à notre réalité. Nous avons été gâtés par un repas qui convenait 100 % à nos allergies : vin & fromages suivi d’un buffet de desserts sans noix ni arachides. Pour l’occasion, j’ai cuisiné mon classique gâteau poires-chocolat pour faire découvrir une recette de par chez nous. Je n’avais toutefois pas eu le temps de convertir les mesures de tasses en grammes avant mon départ et la conversion réalisée rapidement sur place aurait pu mieux se passer. Le gâteau était bon, mais pas aussi délicieux que lorsque je le fais ici. Le geste a toutefois été très apprécié et c’était un plaisir de faire découvrir à ma belle-famille un dessert assez différent de ceux qu’ils font habituellement, le plus populaire chez eux étant le « cheesecake », pour l’instant. Lors d’un prochain voyage, je leur préparerai un dessert encore plus typique : un pudding chômeur au sirop d’érable, possiblement?

 Je retiens ainsi dans cet ordre les astuces #2, 4, 5 et 3 pour un prochain voyage, et surtout, je me simplifierai plus la vie la veille du départ!

 Buffet de desserts

 

Juin 16

Cinq astuces pour voyager autrement avec des allergies

Avec mon bout de chou, notre famille et mon travail, nos semaines se ressemblent beaucoup. Nos vacances d’été en Belgique qui approchent me semblent la meilleure occasion de faire une plus grande place à l’expérimentation. Cette année, je vais mettre à l’essai cinq astuces pour voyager différemment avec des allergies alimentaires. L’objectif est de s’amuser et de s’ouvrir des horizons en voyage, en toute sécurité. Par la suite, j’évaluerai quelles astuces ont le mieux fonctionné et celles à peaufiner davantages.

1. Faire des préparatifs pour bien manger dans l’avion

Prendre un vol de 7-8 heures n’est pas une partie de plaisir pour moi, et avant d’avoir des enfants, je rassasiais mon estomac vide avec une collation après l’autre. Par « collation », j’avoue qu’elles étaient remplies de sucre, de gras et bien souvent enveloppé dans un papier métallique alléchant. Mais maintenant que je suis une maman, je tente d’être un meilleur exemple, surtout que mon fils n’aime toujours pas les légumes.

Donc en plus d’apporter des lingettes pour nettoyer les tablettes et d’appeler la ligne aérienne (Air Transat dans mon cas) plus de 72 heures d’avance pour les aviser de mes allergies, cette année, je vais me préparer des collations santé pour bien manger en plein ciel.

J’ai parcouru le livre « La boîte à lunch » et j’ai choisi la recette de muffins aux légumes de Geneviève O’Gleman. Je la préparerai le matin de notre vol et congèlerai la moitié des muffins en prévision du retour. Je vais également remplir mon sac à lunch d’autres collations santé : abricots séchés, pain de blé entier, compote de pommes, etc.

Pour mon bambin allergique aux œufs, il est assez capricieux au niveau de la nourriture et les muffins ne l’intéressent heureusement pas encore. J’ajouterai pour lui toute une série de purées de fruits (avec des soupçons de légumes).

Pour plus d’info si vous prévoyez un voyage en avion cet été, je vous recommande ce tableau PDF mis à jour en juin 2014 par Allergic Living qui compare les politiques sur les allergies alimentaires de 12 compagnies aériennes.

2. Apporter un livre de recettes du pays pour goûter la cuisine localeLivresRecettes

C’est parfois frustrant en voyage d’être limité dans ce que l’on peut expérimenter de la cuisine locale. J’ai quelques livres de recettes belges à la maison, mais je ne le sors pas si souvent car il n’est pas facile de trouver tous les bons ingrédients. Pour mon prochain voyage en Belgique, je glisserai le livre dans ma valise pour enfin pouvoir expérimenter avec quelques plats locaux, quitte à les adapter pour les allergies de notre famille.

En voyage, la meilleure formule pour nous est les locations, que ce soit une chambre d’hôtel avec cuisinette, une maisonnette dans un village-vacances, un chalet ou un emplacement de camping. Tant que l’on peut cuisiner en famille, je me sens en sécurité. Nos semaines de travail passent tellement vite à Montréal que j’apprécie beaucoup avoir plus de temps pour cuisiner en vacances.

3. Créer ma carte des allergies dans la langue locale

J’adore les langues étrangères et avant de partir, je recherche la liste de mes allergies et quelques phrases types dans la langue locale. Des sites comme celui de SelectWisely proposent des cartes déjà faites dans une variété de langues. Dans notre voyage, nous passerons beaucoup de temps en Flandre, et je vais tenter de réaliser ma version-maison d’une carte d’allergies. Les Flamands parlent pour la plupart français et anglais, mais pas tous, et je préfère être en mesure de me débrouiller dans toutes les situations. Comme j’ai déjà suivi quelques cours de néerlandais, créer une carte allergies sera l’occasion de me dérouiller un peu.

4. Trouver de nouvelles idées de sandwichs pour les sorties

Les sandwichs sont loin d’être tous ennuyeux! Pour des plus longues sorties, c’est pratique d’apporter avec soi le repas du midi. Mon fils, mon époux et moi sommes tous les trois fans de fromage et de jambon. Nous expérimenterons avec différentes sortes pour trouver les meilleures combinaisons de nouvelles saveurs! Pour varier davantage, j’apporterai peut-être un livre sur les sandwichs que j’ai reçu en cadeau. A suivre pour connaître notre meilleure recette de sandwich!

5. Faire découvrir une recette adaptée de gâteau de chez nous

Comme mon époux est Belge, nous profitons de chaque voyage pour rendre visite à famille et amis. Au lieu d’acheter une tarte ou gâteau dans une pâtisserie pour l’offrir comme dessert, je prévois cette année éliminer les risques de contamination croisée en cuisinant moi-même des desserts de chez nous à apporter. Mon gâteau Reine Elizabeth sans noix de coco, mon pudding chômeur et mon pain bananes-chocolat belge sans noix ont tous remporté beaucoup de succès chez notre famille belge. Je plongerai dans mes livres de recettes pour en trouver de nouvelles à apporter et cette fois-ci, en prenant soin de convertir les mesures d’avance.

Voilà les cinq expériences et défis que je me lance pour ajouter du piment à notre prochain voyage. J’aurai hâte d’en partager les résultats avec vous à notre retour! De votre côté, quelles astuces ou histoires de voyages avec allergies vous ont le plus marqué?

Avr 07

Vivre avec la maladie cœliaque – entrevue avec Josée Fournier

Je vis depuis longtemps avec des allergies alimentaires multiples, mais je suis moins familière avec la maladie cœliaque. Pour en apprendre plus, j’ai eu la chance d’interviewer Josée Fournier, auteure du blogue et du livre à succès « Le bonheur est sans gluten », qui est présentement à sa deuxième réédition.

Livre le bonheur est sans gluten

Le bonheur est sans gluten – de Josée Fournier

Q1. Quelle est la différence entre la maladie cœliaque et l’intolérance alimentaire?

La maladie coeliaque est auto-immune. Lorsque la personne qui en souffre ingère du gluten, ses anticorps y réagissent et attaquent la paroi de l’intestin grêle, plus spécifiquement les villosités. Au fil du temps, les villosités risquent d’être complètement détruites et de ne plus pouvoir produire certaines enzymes nécessaires à la digestion. En suivant un strict régime sans gluten, elles peuvent heureusement se régénérer, en partie ou totalement dans certains cas.
L’intolérance alimentaire survient quant à elle lorsque l’organisme ne parvient pas à digérer un aliment ou un de ses composants. Le système immunitaire n’entre pas en cause.

 

Q2. À quel âge avez-vous reçu votre diagnostic? Quels sont les principaux symptômes de cette maladie?
Je suis tombée pile à l’âge moyen à laquelle la maladie est détectée – soit 42 ans! Les symptômes de la maladie coeliaque sont multiples et varient d’une personne à l’autre et peuvent comprendre entre autres :

  • anémie
  • diarrhée
  • douleurs et crampes abdominales
  • troubles digestifs
  • perte de poids
  • fatigue
  • aphtes buccaux

Certaines personnes réagissent aussi au gluten par une réaction cutanée, la dermatite herpétiforme.

Q3. Qu’est-ce qui a été le plus difficile à comprendre par votre famille et amis?

Plusieurs membres de ma famille ont des allergies alimentaires, alors ils étaient déjà sensibilisés à la gestion des allergènes. Nous avons fait de la place pour une section « sans gluten » dans l’armoire à côté des autres « sans ». Dans notre famille, tout le monde a sa place! De plus, tous les membres de ma famille et mes amis sont sensibilisés à la contamination croisée lorsqu’ils cuisinent sans gluten pour moi.

Q4. L’offre des produits sans gluten semble avoir explosé ses 5-10 dernières années. Quelles ont été certaines des retombées positives pour la communauté du sans gluten? Y a-t-il également eu des retombées négatives?
Le coeliaques bénéficient grandement du phénomène sans gluten au Québec et ailleurs. Nous avons beaucoup plus de choix de produits qu’avant et pouvons ajouter plus de variété à nos menus. Grâce à la visibilité accrue du sans gluten, la population en général est de plus en plus consciente de ce qu’est la maladie cœliaque. Par contre l’alimentation sans gluten est tellement tendance en ce moment que certains y voit une panacée. La personne cœliaque doit donc demeurer vigilante en tout temps et toujours s’assurer que le produit qu’elle consomme est bel et bien exempt de gluten.

Q5. La maladie coeliaque est-elle prise autant au sérieux que les allergies alimentaires au Québec?

Cela dépend. Je crois qu’il y a plus de personnes qu’avant qui savent que la maladie cœliaque existe, mais sans la comprendre très bien, particulièrement par rapport à ses effets à long terme et qu’elle soit auto-immune. Dans ce sens, j’ai l’impression que cette maladie est moins prise au sérieux que les allergies alimentaires. Par exemple, plusieurs personnes s’imaginent que je pourrais prendre des produits avec gluten de temps en temps, comme je ne suis pas à risque de choc anaphylactique. Pourtant, l’effet sur mon corps est également lourd de conséquences. Tout comme une allergie, l’ingestion d’un produit contenant du gluten, crée une réaction auto-immune chez une personne coeliaque. Chez les coeliaques, la détérioration du petit intestin survient à plus long terme, et elle est donc plus difficile à voir, et à comprendre pour les non-initiés. Mais lorsqu’une personne coeliaque cesse de manger du gluten pour un certain temps, et qu’elle en reconsomme la réaction intestinale sera généralement assez rapide et violente.

Personnellement lorsque je vais au restaurant, je trouve qu’il est plus simple et sécuritaire pour moi de dire que je suis allergique au gluten.  Malgré cela, on m’a déjà servi à mon insu du gluten dans mon assiette et j’ai été malade pendant un bon 24 heures.

Q6. Quels conseils donneriez-vous à un ami venant de recevoir le même diagnostic que vous avez reçu?
Je recommanderais de suivre ces cinq grandes étapes pour s’ajuster à sa nouvelle vie :

  1.  Faire un grand ménage de sa cuisine pour éliminer toute possibilité de contamination croisée. Se débarrasser de tous les produits contenant du gluten, de même que les articles de cuisine qui ne se lavent pas bien (grille-pain, cuillère en bois, etc.). Racheter des articles de cuisine qui serviront exclusivement à la cuisine sans gluten et désigner un espace libre de gluten.
  2. Devenir membre de la Fondation québécoise de la maladie cœliaque (FQMC) et prendre un rendez-vous avec une nutritionniste.
  3. Lire en détails toute la documentation reçue de la FQMC et effectuer des recherches sur Internet pour mieux comprendre la maladie et comment s’y ajuster. Aussi, informer ses amis, les membres de sa famille, ses collègues etc.
  4. Acheter quelques livres de recettes sans gluten et…
  5. Oser cuisiner des plats gourmands!

Q7. Avez-vous d’autres conseils pour conserver une vie sociale la plus active possible?

  • Je téléphone toujours à l’avance avant d’aller au restaurant afin de m’assurer de bien manger sans gluten et je discute avec le maitre d’hôtel et les serveurs.
  • En voyage, je loue toujours un appartement, pour moi c’est plus facile et économique de faire mes propres repas.
  • Au travail, j’ai toujours des réserves d’aliments sans gluten dans mon armoire au cas où.
  • Dans mon sac à main, j’ai toujours une barre sans gluten, au cas où je serais prise au dépourvu dans un événement, au restaurant etc.
  • Je mange toujours avant d’aller à un 5 à 7 dans un bar ou un cocktail et sur place, je bois du vin ou de l’eau pétillante.
  • Quelquefois j’apporte mon repas quand je sais que la personne qui me reçoit à souper semble trouver cela trop compliqué à gérer.
  • En vacances dans la famille de mon conjoint ou ailleurs, j’apporte mes céréales et ma nourriture sans gluten afin d’être certaine de manger sans gluten.
  • Lorsque je fais une activité de plein air ou du sport, j’apporte toujours mon lunch.
  • BREF, je suis toujours prête à faire face à l’imprévu. Et si je ne suis pas certaine de ce que l’on me présente, je pose des questions et si l’on ne peut pas me garantir que le repas ou plat est sans gluten, je décline tout simplement.

Q8. Auriez-vous quelques bonnes adresses à partager?

Presque toutes les épiceries ont une section, ou au minimum, une sélection de produits sans gluten. Si vous souhaitez encore plus de choix, je vous recommande entre autres :

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Josée Fournier, auteure et blogueuse

Un grand merci à Josée Fournier pour son temps et précieux conseils. Vous pouvez la suivre sur :

 

 

Mar 30

Pourquoi les allergies explosent-elles?

Ces quinze dernières années, les allergies alimentaires ont augmenté dans plusieurs pays du monde, incluant la Chine, le Japon, l’Australie et  les États-Unis, particulièrement chez les 0 à 18 ans. En Chine, les allergies des tout-petits (0 à 5 ans) seraient passées de 3,5 % en 1999 à 7 % en 2009. Elles ont également augmenté chez les moins de 18 ans aux États-Unis, de 3,4 % en 1997-1999 à 5,1 % en 2009-2011.  Dans ce même pays, le nombre d’enfants allergiques aux arachides aurait triplé de 1997 à 2009.  Au Québec,  nous ne pouvons nous réjouir de la croissance de 18 % des allergies alimentaires chez les moins de 18 ans pendant une période semblable. D’après des statistiques récentes, 4 % de la population québécoise, soit 300 000 personnes, et de 6 à 8 % des enfants, souffrent d’allergies alimentaires.

De nombreuses hypothèses ont tenté d’expliquer ce phénomène de croissance des allergies, mais jusqu’à ce jour, sa plus grande cause n’a pas été confirmée. Les scientifiques s’entendent toutefois pour dire que les allergies sont le résultat d’une interaction complexe entre la génétique et l’environnement.

Voici un tour d’horizon des trois principales hypothèses actuelles liées à l’environnement.

Hypothèse 1 : L’hygiène accrue

Nos sociétés réduisent-elle trop l’exposition aux microbes nécessaires au bon développement de notre système immunitaire? Certains experts soutiennent toujours cette théorie, basée entre autres sur des études démontrant que les enfants grandissant sur des fermes  étaient moins souvent asthmatiques.

D’autres chercheurs la qualifie de « trop simpliste » et spéculent que la cause de l’augmentation est beaucoup plus complexe et liée à une multitude de facteurs. Je partage cet avis, notamment suite à la parution ce mois-ci d’une étude sur la prévalence des allergies à travers les États-Unis. Cette prévalence est la même dans toutes les régions des États-Unis (sauf pour les moins de cinq ans), incluant les régions plus rurales du centre et plus peuplées des côtes. D’après cette étude, la région habitée n’influence pas le fait de développer une allergie ou non, mais elle influence plutôt le type d’allergie qui sera développée.

Hypothèse 2 : La transformation de notre alimentation

Les aliments transformés occupent une grande place dans l’alimentation de plusieurs pays industrialisés occidentaux et de certains pays en voie de développement. L’ajout de colorants, d’agents de conservation et dans certains cas, de protéines génétiquement modifiées y est-elle pour quelque chose?

Les enfants mangent également une plus grande variété d’aliments à un plus jeune âge, alors que nos grands-parents au même âge n’avaient pas autant accès aux fruits de mer, plats asiatiques, arachides et cie. D’après une étude australienne de l’année dernière, les enfants ayant une carence de vitamine D sont trois fois plus à risque de développer une allergie alimentaire.

Hypothèse 3 : L’introduction plus tardive d’aliments

À partir de l’année 2000 aux États-Unis, les femmes enceintes ou allaitant leur bébé ont reçu le conseil d’éviter les arachides et puis de retarder leur introduction à 3 ans. Vu la progression constante des allergies, ces deux recommandations ont depuis été abandonnées. Les médecins recommandent aujourd’hui le contraire, la nouvelle hypothèse étant que les quantités microscopiques d’arachides circulant dans le bébé pourrait contribuer à le désensibiliser.

D’après une étude parue en 2013, les enfants américains nés à l’extérieur des États-Unis avaient moins d’allergies alimentaires que ceux y étant nés. Qu’ils y aient habité de 0 à 2 ans, ou 10 ans et plus, la probabilité qu’ils développent des allergies demeurait la même dans les deux cas et assez faible. Le pays de naissance de l’enfant et de sa vie in utero aurait donc une plus grande influence sur sa probabilité d’avoir des allergies que le pays où il habitera plus tard.

Hygyiène accrue ou changements à l’alimentation des jeunes enfants, notre mode de vie moderne fait exploser le nombre d’allergies alimentaires. De mon point de vue personnel, les hypothèses liées à l’alimentation me semblent celles qui frappent les plus près du mille. Lesquelles vous semblent les plus plausibles ou non?

 

Références

Association québécoise des allergies alimentaires

World Allergy Association

US National Library of Medecine

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